Commerçants avenue de Laon, une affaire de famille

Tout commence le 1er mars 1966. Ce jour-là, Alain Dralet reprend le salon de coiffure de Monsieur et Madame Forzy, situé au 99 avenue de Laon, après y avoir effectué quelques travaux.
Trois ans plus tard, en 1969, il s’installe ainsi à proximité immédiate de sa sœur, Marie-Françoise Dralet, qui ouvre au 105 avenue de Laon un salon féminin baptisé « Isabelle Coiffure ».
Dès son inauguration, l’établissement attire l’attention : parmi les premières clientes figure l’actrice et chanteuse afro-américaine Marpessa Dawn, révélée par le film Orfeu Negro, Palme d’or au Festival de Cannes et Oscar du meilleur film étranger en 1960.
La famille connaît déjà bien le quartier. Leur mère travaillait chez un charcutier-traiteur, à l’angle de la rue du Docteur-Thomas et de l’avenue de Laon. Une implantation qui s’inscrit naturellement dans le tissu local.

Au fil des années, Alain Dralet développe son activité et emploie plusieurs salariés, dont trois de ses neveux. Son fils, Frédéric, le rejoint avant de reprendre l’affaire en 1995, à la suite de son décès. Sa fille, Valérie, reprend quant à elle le salon féminin de sa tante lors du départ à la retraite de celle-ci.
L’entreprise prend alors une dimension pleinement familiale. L’épouse d’Alain, Lucette, quitte son emploi aux « Magasins Modernes » pour venir renforcer l’équipe du salon féminin, en pleine activité. Issue elle aussi du commerce, elle a travaillé très jeune aux côtés de son père, Camille Denis, qui tenait un « Comptoir Français » à l’angle de la rue des Gobelins et de la rue Alsace-Lorraine.
Avec le temps, le salon masculin d’Alain devient l’un des plus importants de Reims. Pendant près de 60 ans, des centaines de clients s’y succèdent, parfois de génération en génération. Une fidélité installée bien avant la multiplication des salons sur l’avenue de Laon, que le journal L’Union de Reims surnommera plus tard « l’avenue des coiffeurs », avec près d’une vingtaine d’établissements sur deux kilomètres.
La notoriété d’Alain Dralet dépasse largement le quartier. Passionné de football, il se constitue une clientèle fidèle dans ce milieu, étendant sa réputation bien au-delà de Reims, jusqu’à l’Aisne et aux Ardennes.
« Qui ne connaissait pas Alain, le coiffeur de l’avenue de Laon ? », rappelait d’ailleurs le maire de Germaine lors de l’inauguration d’un stade portant son nom, dans ce village proche d’Épernay.
Mais l’histoire familiale remonte encore plus loin. Dès les années 1960, une tante d’Alain, Germaine — surnommée « Gerf » — exerçait déjà au 40 place du Forum. Son fils, Philippe Dralet, reprendra ensuite l’activité.
Aujourd’hui, après près de 60 ans d’existence, l’histoire se poursuit. Frédéric, le fils, et Fabien, le neveu, perpétuent la tradition familiale, dans un établissement devenu au fil du temps une véritable institution locale.

Partagez